04 novembre 2006

JClic, un logiciel libre éducatif européen et catalan


Pour créer des exercices interactifs, l'offre logicielle reste limitée. Jclic semble être le plus prometteur. Concurrent direct de logiciels comme HotPotaoes (pour les gratuits) ou Authorware (payant), il les dépasse sur plusieurs points.
J'ai redécouvert dans les pages de Framasoft, excellent site au demeurant, la fiche du logiciel catalan JClic. J'avais lu le descriptif plutôt élogieux de l'application java soutenu par le DURSI de Catalogne et le projet européen Teleregions (où participe la région Rhônes-Alpes).
Il s'agit comme les deux autres logiciels cités ci-dessus de générer des exercices interactifs, de type QCM, closure, questionnaires divers, jeux d'association, etc.
Je suis un habitué de HotPotatoes, qui me semblait le plus efficace, pour générer rapidement et facilement des pages HTML d'exercices. Quant à Authorware, c'est un outil lourdingue, qui était toujours resté à la traîne dans son développement poussif chez Macromedia. Racheté par Adobe, il semble destiné aujourd'hui à une mort tranquille sur les pages d'archives de Macromedia.
Les principaux utilisateurs de ce type de logiciel, les enseignants n'ont pas de temps à perdre pour créer des exercices pour leurs élèves ; ils n'ont d'intérêt à utiliser les TICE que si elles ne sont pas une perte de temps à terme. Authorware ne remplissait pas cette condition, et en plus il coûte bien cher : 3 500 euros (oui, vous avez bien lu, et plus cher en téléchargement qu'en coffret!). Donc Authorware ne sera JAMAIS l'outil de prédilection des enseignants en France.
HotPotatoes est le leader du gratuit. Malheureusement, les conditions un peu particulières de la licence d'utilisation des fichiers, et l'usage payant du gestionnaire de projets ne peuvent absolument pas le ranger dans la famille OpenSource.
Encore fallait-il que JClic tienne ses promesses en terme d'efficacité et de souplesse pour me donner envie de changer de logiciel. Profitant des vacances, j'ai testé "l'exerciseur" GNU et je suis agréablement surpris.
L'interface est quasi-totalement francisée (à part quelques bulles d'aide), simple et efficace avec trois volets :
  • le projet
  • les activités
  • les séquences
On peut naviguer facilement de l'une à l'autre en un clic, cela n'est pas le cas d'HotPotatoes qui fonctionne à l'échelle de l'activité uniquement.
Il est possible de prévisualiser immédiatement, sans avoir à générer une page HTML de lancement.
La difficulté pour un débutant dans l'utilisation de JClic, c'est qu'on est plus proche d'un mode de création programmatique, que dans la création très cadrée des exercices de HotPotatoes. On peut utiliser d'emblée ce dernier sans lire la notice, ce qui n'est pas le cas de JClic. Le hic pour le moment, c'est que le mode d'emploi est très incomplet. Il y a toutefois un bon tutoriel chez Framasoft, et des fichiers permettant de travailler avec des exemples déjà conçus chez ZonaClic.
Avec ces éléments, et une bonne expérience dans l'utilisation de ce type de logiciels, je me suis lancé. Eh bien, c'est vraiment la meilleure solution que nous propose à ce jour le monde du libre dans le domaine du logiciel pédagogique.
Les possibilités d'exercices sont très variées : la souplesse du paramétrage et l'intégration très facile de médias ouvrent un vaste horizon aux créateurs.
La création de bases de données de résultats permet d'effectuer un vrai suivi des élèves (les deux autres logiciels le permettent aussi, mais par des solutions tierces).
Ce qui manque aujourd'hui c'est de quoi permettre aux enseignants d'apprivoiser cet outil avec ce qui leur manque le plus : de la formation continue...

19 octobre 2006

B-A BA

Ce mercredi dernier, des sites pédagogiques ont fermé leurs pages d'accueil pour protester contre les premières sanctions décidées par M. de Robien, contre ceux qui ont le tort d'avoir réfléchi plus longtemps que lui sur les méthodes de lecture.
Mais si l'autoritaire Picard décide de sanctionner des fonctionnaires pour pensée non conforme aux théories du grand spécialiste en sciences cognitives et linguistiques qu'est notre ministre, il va devoir virer un paquet de monde :
  • les inspecteurs généraux qui pondent des rapports depuis des années sur la lecture qui contredisent ces thèses simplistes,
  • les inspecteurs de l'Education Nationale et les formateurs d'IUFM qui n'ont toujours pas compris que la méthode Boschet est la seule valable,
  • les responsables du site ministériel qui laissent des écrits contredisant notre vénéré chef. Voici un exemple sur le site Bien Lire.
Allons M. de Robien, brûlons les écrits de tous ces chercheurs qui vous cherchent des poux dans la tête, interdisons la recherche sur le sujet puisque dorénavant la vérité a été révélée.
Changez les programmes car ils contiennent encore bien trop d'idées subversives sur l'écrit.
Il ne restera plus alors qu'à confier la formation des maîtres à vos amis de SOS Education.

13 octobre 2006

Le multimedia outil de propagande ministérielle

Le ministère de l'Education Nationale sait mettre la modernité au service du passéisme : un DVD intitulé "apprendre à lire" a été diffusé dans les écoles. Il contient une intervention de Jean-Emile Gombert, professeur de Psychologie du développement cognitif à l'université Rennes 2 lors d'un séminaire national sur la lecture.
Malheureusement pour les thèses défendues par notre ministre, M. Gombert parle avec trop de bon sens. Grâce à un montage habile, digne des productions télévisées soviétiques, quelques coups de ciseaux transforment le discours pour gommer ce qui ne vas pas dans le sens des thèses simplistes de M. De Robien.
Ainsi, par exemple, les phrases suivantes ont disparues :
"Il ne convient donc pas de demander aux enseignants de changer de méthode pour une méthode syllabique, mais il faut leur demander d'enseigner les correspondances grapho-phonétiques. Ce n'est pas demander un bouleversement, la plupart le faisant déjà. Cela peut se faire avec les outils disponibles qui le prévoient. Ils est contre-productif de laisser croire que ce n'est pas le cas, ou de jeter l'opprobre sur l'existant."

Après l'éviction d'un formateur, les sanctions contre un inspecteur, il ne reste plus pour museler les experts que les ciseaux, comme au bon vieux temps de la censure.